Une grand-mère alsacienne révèle sa recette culte de beignets du carnaval, dorés, moelleux et croustillants

Fermer les yeux un instant. Vous êtes dans une cuisine alsacienne, il fait froid dehors, l’huile crépite, et une grand-mère surveille ses beignets en disant doucement : « Pas trop vite, sinon ils brûlent… ». L’odeur de friture sucrée envahit la maison. Voilà exactement l’esprit de ces beignets du carnaval alsaciens : simples, dorés, moelleux, et chargés de souvenirs.

Des recettes de famille qui font vivre l’esprit du carnaval en Alsace

En Alsace, chaque famille a « sa » recette de beignets de carnaval. On les appelle souvent Fasnachtkiechle ou Schankala, selon la forme et le village. La base reste la même, mais les gestes, eux, sont très personnels. Une cuillère de plus de sucre ici, un peu d’eau-de-vie là, une pâte un peu plus épaisse chez la voisine…

La grand-mère dont nous parlons prépare cette recette depuis plus de 40 ans. Toujours la même bassine, la même vieille cuillère en bois, le même torchon pour couvrir la pâte. Elle ne pèse presque plus, elle « sent » la pâte sous ses doigts. C’est ce genre de recette culte qui crée l’ambiance du carnaval, même sans costume ni musique.

Le jour J, la maison se transforme. On étale la pâte bien souple, on découpe des losanges, on forme des petits boudins. Les enfants aident, parfois un peu maladroitement. On rit, on se chamaille pour savoir qui fera le plus beau beignet. Puis vient le moment magique : on plonge la pâte dans l’huile, et tout gonfle, dore et crépite.

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Les 4 ingrédients clés pour réussir des beignets alsaciens à l’ancienne

Ce qui surprend souvent, c’est la simplicité des ingrédients. Rien de compliqué, pas de produit rare. Seulement de bons basiques de placard, utilisés avec soin.

  • La farine : elle donne la structure et le moelleux. Une farine de blé classique (type 45 ou 55) convient parfaitement.
  • Les œufs : ils apportent le fondant et l’onctuosité à la pâte.
  • Le beurre : il donne ce goût chaud, rond, presque brioche, que l’on adore dans ces beignets.
  • Le sucre : pas trop, juste assez pour adoucir sans rendre la pâte lourde.

Ensuite, chaque grand-mère a ses petits « plus ». En Alsace, on ajoute souvent :

  • un peu de levure chimique pour des beignets plus gonflés,
  • un filet de lait pour ajuster la texture,
  • ou une cuillère d’eau-de-vie (kirsch ou autre) pour le parfum et pour limiter l’absorption d’huile à la friture.

Vous voyez, rien d’impressionnant. La magie ne vient pas des ingrédients rares, mais des bons dosages et du respect des temps de repos.

Temps total55 minutes
Préparation15 minutes
Repos30 minutes
Cuisson10 minutes
PortionsEnviron 20 beignets

Ingrédients pour environ 20 beignets alsaciens

  • 500 g de farine
  • 3 œufs
  • 60 g de sucre
  • 80 g de beurre fondu
  • 1 sachet de levure chimique (environ 10 à 11 g)
  • 1 pincée de sel
  • 4 à 6 cl de lait ou d’eau-de-vie (à ajuster selon la pâte)
  • Huile de friture (tournesol ou arachide)
  • Sucre glace pour saupoudrer
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Une préparation traditionnelle pour un résultat moelleux et doré à souhait

La recette est simple, mais quelques détails changent vraiment tout. Voici la méthode, comme la ferait une grand-mère alsacienne, étape par étape.

1. Préparer la pâte à beignets

Dans un grand saladier, verser la farine, le sucre, la levure chimique et la pincée de sel. Mélanger rapidement. Faire un puits au centre, puis ajouter les œufs et le beurre fondu tiède. Commencer à mélanger avec une cuillère en bois.

Ajouter ensuite peu à peu le lait ou l’eau-de-vie. La pâte doit devenir souple, lisse et non collante. Si elle est trop sèche, ajouter une cuillère de lait. Si elle colle aux doigts, parsemer un peu de farine et pétrir de nouveau.

2. Pétrir et laisser reposer

Pétrir la pâte pendant 5 à 8 minutes, sur le plan de travail légèrement fariné. La pâte doit être douce au toucher, presque comme une pâte à brioche mais plus ferme. Former une boule, la remettre dans le saladier, couvrir avec un torchon propre.

Laisser reposer environ 30 minutes à température ambiante. Ce temps permet à la pâte de se détendre. Elle s’étalera mieux, gonflera plus joliment à la friture, tout en restant moelleuse à l’intérieur.

3. Étaler et façonner les beignets

Fariner légèrement le plan de travail. Étaler la pâte au rouleau sur environ 1 cm d’épaisseur. Pour les Fasnachtkiechle, utiliser un couteau ou une roulette et découper des losanges plus ou moins réguliers. Pour les Schankala, découper des bandes et rouler des petits boudins entre vos mains.

Ce n’est pas grave si tout n’est pas parfait. Justement, le charme de ces beignets vient aussi de leurs formes un peu différentes.

4. Chauffer l’huile et frire les beignets

Verser l’huile de friture dans une friteuse ou une grande casserole. Il faut assez d’huile pour que les beignets puissent flotter. Chauffer jusqu’à environ 170–180 °C. Si vous n’avez pas de thermomètre, plonger un petit morceau de pâte. S’il remonte rapidement en faisant des bulles, l’huile est prête.

Plonger quelques beignets à la fois, sans surcharger la casserole. Les laisser dorer 1 à 2 minutes de chaque côté. Ils doivent être bien dorés à l’extérieur et gonflés. Les sortir avec une écumoire et les déposer sur du papier absorbant pour enlever l’excès d’huile.

5. Sucrer et servir

Quand les beignets sont encore tièdes, les saupoudrer généreusement de sucre glace. Attendre quelques minutes avant de les croquer. La plupart des grands-mères le disent : trop chauds, ils peuvent « retourner l’estomac » et l’on ne profite pas du goût.

Servis tièdes ou à température ambiante, ils accompagnent souvent une soupe de légumes en Alsace, surtout pendant le carnaval. Ce contraste sucré-salé, très simple, est incroyablement réconfortant.

Une tradition conviviale à transmettre, entre friture, rires et souvenirs d’enfance

Ces beignets ne sont pas qu’une gourmandise de plus. Ils racontent une façon de vivre. Autrefois, on les préparait pour finir les réserves de farine, d’œufs et de graisse avant le Carême. Dans les familles nombreuses, chacun donnait un coup de main. On parlait fort, on riait, on goûtait la pâte en cachette.

Une grand-mère alsacienne, Françoise, prépare chaque année ses Schankala depuis plus de 50 ans. Elle a gardé la recette tapée à la machine à écrire, offerte par une collègue. Elle répète toujours la même phrase à ceux qui veulent en goûter un trop vite : « Attendez un peu, sinon votre estomac va faire la grimace ! » Ce sont ces petites phrases, presque anodines, qui marquent une vie entière.

Aujourd’hui, ces beignets du carnaval continuent de voyager. On les prépare en ville, à la campagne, parfois loin de l’Alsace, juste pour retrouver une odeur d’enfance. Ils résistent au temps, aux modes, aux recettes trop compliquées.

Si vous les réalisez chez vous, vous ne ferez pas que frire de la pâte. Vous ferez entrer un peu de cette Alsace chaleureuse dans votre cuisine. Peut-être que, dans quelques années, quelqu’un parlera de « vos » beignets avec la même tendresse que l’on parle aujourd’hui de ceux d’une grand-mère alsacienne.

Et au fond, c’est cela, la plus belle partie de la recette : la transmettre, encore et encore, entre farine, huile, rires et doux nuages de sucre glace.

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    Marie Navarre est passionnée de gastronomie, de voyages et d’art de vivre. Spécialiste du contenu web, elle allie expertise SEO et amour du goût pour valoriser la culture culinaire en ligne. Elle partage conseils, inspirations et actualités pour les épicuriens curieux désireux d’explorer de nouvelles saveurs et tendances. Forte de plusieurs années dans l’édition digitale, Marie propose un regard affûté sur l’univers gastronomique, tout en explorant les liens subtils entre maison, voyage et gastronomie. Elle met son expertise au service d’Orchestre Interval avec enthousiasme et créativité.

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